Yan Roy, La Dépêche de Tahiti

Yan Roy, La Dépêche de Tahiti

Le COSR a rendu son rapport annuel. Ce rapport dresse un état des lieux complet du système des retraites polynésien.

Un état des lieux complet du système des retraites à fin 2019. Le Conseil d’orientation et de suivi des retraites, le COSR, vient d’achever son premier rapport. Créée l’an passée, cette instance indépendante, animée par des membres bénévoles, n’aura pas toujours travaillé dans des conditions optimales —manque de moyens matériels ou humains et aucun pouvoir d’investigation inscrit dans ses prérogatives — mais elle a fini par boucler son travail. Il est désormais en ligne sur le site de l’Agence de régulation de l’action sanitaire et sociale (Arass) et a été remis hier matin en main propre au ministre de l’Économie et des Finances, Yvonnick Raffin, notamment en charge de la Protection sociale généralisée. En quelque 123 pages, plus des données annexes — a priori, la seule somme d’informations sur ce vaste sujet —, le COSR expose les principes du système des retraites, les mécanismes en œuvre, les difficultés et les enjeux sociétaux.

« Le COSR n’a pas voulu faire de propositions mais a identifié des pistes de réformes, vérifiées, en discutant avec tous les partenaires du champ des retraites, pour voir quelles pistes pourraient recueillir un accord le plus large possible », souligne Dimitri Pitoeff, le président du Conseil, qui souligne plusieurs constats très nets. D’abord, « c’est que la réforme de 2019, il fallait la faire ». « Mais elle n’est pas suffisante pour assurer la survie du régime », prévient-il aussitôt. Ensuite, se pose la problématique des tranches A et B. « La A, on peut la réformer. Pour la B, il faut modifier beaucoup de choses car elle n’est pas capable d’honorer les engagements qu’elle a pris. »

La tranche B structurellement minée

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. À partir de 2010, c’est le plongeon pour la A, avec un déficit atteignant 2,2 milliards en 2019, et un déficit prévisionnel de 6 milliards en cette année 2020. Pour la B, le passage dans le négatif a commencé en 2019 et va s’amplifier. Il faut dire que bon nombre de paramètres ont sensiblement évolué. En 2003, on comptait 4,88 travailleurs pour un retraité. En 2019, il n’y en a plus que 2,32 pour un retraité. Pour éviter la faillite du système, le COSR estime qu’il faut avoir une vision à long terme, engager une réforme en profondeur. Il est possible de jouer sur des paramètres, et ils sont nombreux : cotisations, conditions d’âge, mode de calcul de la pension, etc. Mais la problématique est telle, selon Dimitri Pitoeff, Émile Vernier et Thierry Mosser, qui présentaient hier le rapport, qu’il faut explorer des pistes structurelles, songer à une refonte de la protection sociale généralisée. « Il s’agit là d’une grande question de société », assurent-ils. « Il faut agir rapidement, le temps est compté », clament les rapporteurs. D’autant plus que la crise Covid a noirci le tableau. La balle est désormais dans le camp du pouvoir exécutif. Pour sa part, le COSR va poursuivre sa tâche. « Nous allons travailler sur la faisabilité, les impacts, les effets de chacune de ces pistes, et l’on pourra rendre des préconisations dans un prochain rapport, certainement en 2021. Mais l’essentiel était de faire un état des lieux le plus complet possible pour éviter les errements de ces dernières années, où l’on a agi par coups, à gauche puis à droite. »

La réforme de 2019 en quelques points

- L'âge légal de départ à la retraite passera de 60 à 62 ans d'ici au 1er janvier 2023 
- Le départ anticipé en retraite est repoussé à 57 ans (si travaux pénibles : 55 ans et 33 ans de cotisations)
- La durée de cotisation pour avoir une retraite à taux plein sans abattement à l'âge légal passe de 35 à 38 ans 
- Départ en retraite avant l'âge légal : 1,5 % en moins par trimestre manquant.

Source : Yan Roy, actu.fr

Tag(s) : #Polynésie
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