Christophe Cozette, La Dépêche de Tahiti

Christophe Cozette, La Dépêche de Tahiti

Le Sdiraf prône une retraite par points pour sauver la CPS.

Il faut sauver le soldat retraite. Émile Vernier, président du Syndicat de défense des intérêts des retraités actuels et futurs (Sdiraf), également membre du comité d’orientation et de suivi des retraites (COSR), a réuni quelques médias hier matin aux jardins de Paofai, entouré de quelques membres du syndicat.

Vacciné déjà à deux reprises et masqué, le bouillant défenseur des retraités tire à nouveau la sonnette d’alarme, comme il sait si bien le faire.

L’heure est grave. Pour le syndicaliste, 10 milliards de francs de déficit en 2021, vont venir s’ajouter aux 10 milliards de francs de déficit en 2020 de la CPS, prévoit le « mage » Vernier. Fort de quelques chiffres officiels, Émile Vernier évoque une tranche A « structurellement déficitaire » depuis 2009, avec « plus de 35 milliards de perdus ». La réforme entamée en 2018 et qui doit se terminer en 2022, ne suffira pas à pérenniser ce système. De plus, la tranche B « est morte », selon lui (lire interview). De plus, « les pyramides des âges nous indiquent que d’ici 2030, le nombre de personnes de 60 ans et plus va augmenter et le nombre de jeunes de moins de 25 ans va diminuer ». Ils étaient 15 300 en 1999 ; ils seront sans doute plus de 54 000 en 2030.

« Plus de retraités que de salariés en 2030 ? », s’interroge Émile Vernier, à voix haute.  Mais Émile Vernier a la solution. De 1968 à 1987, les retraites polynésiennes étaient gérées par un système dit de répartition et par points. En 1987, le principe d’annuités a été adopté. « C’est ce nouveau système qui a entraîné la CPS dans son déficit actuel », juge Émile Vernier. Pour lui, le système par points lui semble plus juste et, toujours selon Émile Vernier, le COSR travaille sur cette proposition et s’apprête à auditionner les partenaires sociaux sur cette proposition du Sdiraf alors que le gouvernement travaille de son côté sur une future réforme grâce à une task force gouvernementale dédiée, placée sous le contrôle de Yvonnick Raffin, ministre en charge du dossier.

Selon le syndicaliste, une proposition de réforme pourrait être présentée en juin, en conseil des ministres et pendant ce temps-là, Émile Vernier va militer pour « changer de paradigme ». « Je ne sais pas aujourd’hui si ce système va sauver nos retraites, je l’espère. Si ce n’est pas cela, là, cela va être difficile », suppute le retraité.

Émile Vernier, président du Sdiraf : « Il y a de quoi s’inquiéter »

Vous êtes inquiet pour les retraites et la PSG alors qu’à la CPS, on vous dit « tout va bien »…

Je suis inquiet sur les retraites mais c’est aussi toute la PSG qui m’inquiète aujourd’hui. Avec 20 milliards de francs de déficit en trésorerie, c’est grave et je pense que cela sera plus de 20 milliards à la fin de l’année. Il y a de quoi s’inquiéter.

Vous êtes inquiet sur le nombre de futurs salariés car il y aura de moins en moins de jeunes sur le marché du travail, donc de cotisants…

Les pyramides des âges nous indiquent que d’ici 2030, le nombre de personnes de 60 ans et plus va augmenter et le nombre de jeunes de moins de 25 ans va diminuer. À terme, il risque de se poser un problème d’emplois ici, il n’y aura pas suffisamment de personnes pour s’occuper des emplois dont on a besoin.

Êtes-vous entendu ? Vous souhaitez une seule tranche au lieu de deux pour les retraites et revenir à un système de points…

Ce qui est sûr, c’est que la retraite dans sa forme actuelle, ne pourra pas continuer. On peut sauver encore quelques années la tranche A, en donnant des paramètres plus difficiles mais la tranche B, quoi qu’on fasse, est foutu. Donc, il faut changer de paradigme et nous pensons qu’une retraite par points capitalisables mais toujours par répartition, peut être susceptible de sauver le système, pour vous, pour nous.

Source : Christophe Cozette, actu.fr

Tag(s) : #Polynésie
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