Hayat Gazzane, Le Figaro

Hayat Gazzane, Le Figaro

Ce poste a largement contribué à la hausse des dépenses publiques constatée entre 2001 et 2019. De quoi encourager le gouvernement à mener à bien sa réforme.

Les retraites pèsent toujours plus dans des dépenses publiques en constante augmentation. D'après une note de Fipeco publiée ce jeudi, ces dernières ont bondi de 3,9 points entre 2001 et 2019, passant de 51,7% du PIB à 55,6% alors que la moyenne de la zone euro n'a quasiment pas bougé sur la période (46,9% du PIB en 2001 et 47,0% en 2019). L'écart avec le reste de la zone euro s'est creusé de 8,6 points. Les dépenses sociales ont été le principal moteur de cette hausse (+4,5 points contre +2,9 points chez nos voisins) et parmi elles, les retraites. Les dépenses consacrées à ces dernières ont grimpé de 2,8 points de PIB entre 2001 et 2019 alors qu'elles n'avançaient que de 1,5 point dans le reste de la zone euro.

Régimes complémentaires obligatoires

François Ecalle, auteur de cette étude, avance deux explications à ce phénomène. La première résulte du caractère «obligatoire et monopolistique» des régimes complémentaires en répartition que sont l'AGIRC-ARRCO pour les salariés du secteur privé. Régimes qui sont classés parmi les administrations publiques. «Dans les autres pays, ces régimes complémentaires sont souvent des fonds de pension et font souvent l'objet d'un choix, au niveau de la branche ou de l'entreprise. Ils sont donc classés en dehors du champ des administrations publiques».

Autre explication : le «niveau des retraites au regard des revenus des actifs et du nombre relativement important de retraités en raison d'un âge précoce de départ en retraite et d'une espérance de vie élevée à cet âge en France».

Une nécessaire réforme

Ces constatations viendront ajouter de l'eau au moulin de Bruno Le Maire qui ne cesse de mettre en avant l'importance de la réforme des retraites pour assainir les comptes publics. «J'ai toujours estimé qu'il fallait inciter les Français à travailler plus longtemps pour financer notre modèle de protection sociale», a-t-il réaffirmé lors d'une audition devant le Sénat, mardi 2 mars. Si la réforme ne figure pas pour l'instant à l'agenda social, elle devra revenir sur le devant de la scène une fois la crise sanitaire et économique derrière nous, prévient-il.

Source : Hayat Gazzane, lefigaro.fr

Tag(s) : #France
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