Anne Saurat-Dubois et Paul Louis, BFM TV

Anne Saurat-Dubois et Paul Louis, BFM TV

Selon nos informations, le gouvernement pourrait relancer une partie de la réforme des retraites avant la fin du quinquennat. Et réserverait la suite du projet à un éventuel second mandat d’Emmanuel Macron.
"Je suis en faveur d’une réforme qui soit simple, efficace et juste". Invité ce mercredi matin sur RMC et BFMTV, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, n’a pas écarté la possibilité de remettre le sujet des retraites dans le débat public.

Ce qui est certain en revanche, c’est que l’ambitieux projet de système de retraites universel par points ne sera pas repris tel quel, Emmanuel Macron reconnaissant lui-même que ce dernier était "trop complexe" et porteur "d’inquiétudes".

Selon nos informations, l’exécutif envisage désormais d’avancer par petits pas. L’idée serait de "morceler" la réforme afin de permettre aux Français d’y voir plus clair. Cela pourrait passer par la présentation d'un premier projet ciblant les régimes spéciaux d'ici la fin du quinquennat, avant que la suite de la réforme ne soit présentée lors d’un éventuel second mandat.

"Folie"

Le gouvernement considère en effet que la fin des régimes spéciaux est un pré-requis indispensable pour aboutir à un système de retraites universel. Et cette mesure a l’avantage d’être soutenue dans les sondages par une majorité de Français. Mais elle risque de se heurter à la colère des syndicats qui ne voient pas d’un bon œil le retour des retraites dans le débat public.

Le leader de la CFDT, Laurent Berger, a notamment estimé que ce serait une "folie" d'engager une réforme des retraites avant l'élection présidentielle de 2022. Même son de cloche du côté du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, pour qui le gouvernement ferait une "erreur" en remettant le sujet sur la table.

Autre difficulté intégrée par le gouvernement: le timing. En supposant l'annonce d’un retour de la réforme des retraite à l'approche des vacances, l'exécutif craint que cela ne laisse tout l’été aux syndicats et oppositions pour préparer leur contestation à la rentrée. Il souhaite de surcroît raccourcir au maximum le temps entre la présentation du projet et le début des travaux, ce qui rend la période estivale peu propice à une telle annonce. A l'inverse, une annonce trop tardive, à quelques mois de la campagne présidentielle, risquerait de tuer le projet dans l’œuf.

Pédagogie

Avec cette réforme présentée "en morceaux", le gouvernement espère avancer dans un climat plus serein. Il voit en outre dans cette première phase de la réforme la possibilité de finir le quinquennat avec des résultats, à défaut d’avoir pu mettre en œuvre son projet initial.

Le reste viendra plus tard, dans l’hypothèse d’un second mandat. Si tel était le cas, l’exécutif entend davantage miser sur la pédagogie afin de mettre en avant une réforme indispensable à ses yeux pour sauver le système actuel qu’il juge injuste et trop coûteux pour les générations futures.

Source : Anne Saurat-Dubois avec Paul Louis, BFMTV.com

Tag(s) : #France
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