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Selon Geoffroy Roux de Bézieux, la question devra en revanche être mise sur la table « dès septembre 2022, sans attendre ». Il plaide pour une désindexation des pensions de l’inflation et un relèvement de l’âge de départ à 64 ans.

Pour le patron du Mouvement des entreprises de France (Medef), l’heure n’est pas à la réforme des retraites. Geoffroy Roux de Bézieux a estimé, mercredi 9 juin, que la réforme des retraites doit être un sujet de débat de la présidentielle.
« Pour faire cette réforme, il faut un capital politique. Le temps est passé depuis 2017. Pour moi, c’est un débat de la présidentielle, il faut que tous les candidats se positionnent », a déclaré le patron du syndicat patronal dans le quotidien Les Echos, alors qu’Emmanuel Macron a remis sur la table la possibilité de relancer ce chantier explosif.
« C’est la seule réforme sociale qui touche tout le monde. Elle a donc besoin d’une légitimité démocratique », a encore plaidé M. Roux de Bézieux, qui a dit ne pas vouloir « de “réforme-rustine” en trois mois, sinon il faudra y revenir après la présidentielle. Et les Français n’y comprendront rien ».
Selon lui, la réforme de l’assurance-chômage « est plus urgente que celle des retraites », car « parmi les difficultés de la reprise, il y a le recrutement ».

Le chef de l’Etat a alimenté les spéculations en réaffirmant qu’il devrait prendre des décisions « difficiles » pour que la dernière année du quinquennat soit « utile ». Lors d’un déplacement dans le Lot, les 2 et 3 juin, M. Macron a soudainement replacé la question des retraites au cœur du débat. Il avait souligné que « rien n’est exclu », mais que la réforme « très ambitieuse » – même si « porteuse d’inquiétudes » – qui était sur les rails avant d’être fauchée net par la crise du Covid-19, ne pourra pas être « reprise en l’état ».
Dans la foulée, les syndicats ont mis en garde le gouvernement contre l’adoption avant 2022 d’une réforme des retraites. « C’est juste une folie », a ainsi estimé le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Laurent Berger. « Ce n’est pas le moment. (…) On continue de dire ce qu’on dit depuis des mois : il n’y a pas de place pour un débat apaisé autour de la question des retraites avant la présidentielle. Quelle que soit l’option retenue, ça paraîtrait totalement inflammable », a déclaré lundi M. Berger. De son côté, son homologue de la Confédération générale du travail (CGT), Philippe Martinez, a déclaré qu’il s’agirait d’« une erreur ».

Plaide pour un relèvement de l’âge de départ à 64 ans
Si le président du Medef souhaite repousser le débat après l’élection présidentielle de 2022, la question devra ensuite être rapidement mise sur la table. « Il faudra agir dès septembre 2022, sans attendre », a-t-il affirmé, envisageant une désindexation des pensions de l’inflation et un relèvement de l’âge de départ à 64 ans.
Face au déficit du système des retraites, finalement moins important que prévu après la crise sanitaire mais dont le besoin de financement est estimé entre 7 milliards et 10 milliards d’euros par an, Geoffroy Roux de Bézieux envisage trois options pour un retour à l’équilibre financier. La première, c’est « la hausse des cotisations mais, là, c’est l’emploi qui va trinquer », a-t-il prévenu sur RMC mercredi.
La deuxième, c’est « la désindexation des pensions. Je ne pense pas absurde que, alors que les retraités ont été protégés pendant cette crise et que c’est plutôt les jeunes qui ont trinqué, on leur demande un effort temporaire. Ça dépend aussi de l’inflation », a-t-il ajouté. « Et puis, il y a l’âge », a conclu M. Roux de Bézieux, précisant que « c’est probablement 64 ans ».

Source : lemonde.fr

Tag(s) : #France
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